L'optimisation des bases de données et l'importance de réduire la pollution numérique mondiale

Je repensais au Postgres Ibiza (PGIBZ) qui a eu lieu il y a quelques mois… Et pas seulement parce que la chaleur et le soleil d’Ibiza me manquent, l’hiver étant arrivé à Cognac ! Non, je me souvenais que l’île portait encore les traces des récentes inondations, même si les habitants s’activaient pour effacer les dégâts. Les dernières nouvelles des Caraïbes et d’Asie m’ont fait réaliser qu’Ibiza avait, toutes proportions gardées, été plutôt chanceuse.
Cet événement fait partie d’une succession d’évènements climatiques exceptionnels et de records battus aux États-Unis, en Europe et en Asie ces dernières années. La semaine dernière encore, au moment de la rédaction de cet article, l’État de Washington (États-Unis) a connu des inondations historiques qui ont causé des dégâts considérables : plus de 11 millards de m³ d’eau se sont déversés sur l’État en dix jours. Ces pluies torrentielles devraient se poursuivre sur toute la côte ouest américaine jusqu’à la fin de l’année.
J’ignore si ce contexte a influencé la réception de mon intervention lors de la conférence, et je suis reconnaissante qu’elle ait non seulement été entendue, mais aussi écoutée, et même qu’elle ait suscité des réflexions et des discussions. Je dois avouer que je ne m’y attendais pas.
Je fais partie de ceux qui pensent que les défis environnementaux sont sur le point de transformer radicalement nos sociétés à tous les niveaux et à l’échelle planétaire, à mesure que les ressources se raréfient et se redistribuent. Je me demande si d’autres se posent la même question : « À quoi bon un salaire confortable si les pommes de terre ne poussent plus ? » Maslow a clairement démontré qu’il est moins important d’être riche que de se nourrir. Pourtant, comme nous le savons, l’environnement n’est toujours pas une priorité absolue, malgré tout ce que nous voyons arriver.
Il me semblait donc logique d’aborder ce sujet lors d’une conférence PostgreSQL, car il devrait être discuté partout. Mais étais-je certaine de trouver un public réceptif ? Absolument pas !
Je me sentais un peu mal à l’aise – comme souvent lors de conférences vu mon manque de backgroud technique – à l’idée d’emmener le public sur un terrain qui n’était pas forcément celui qu’il recherchait. J’espérais ne pas ennuyer, déranger, ni même agacer. Mais dès les premières diapositives, j’ai vu que les gens prenaient des photos des données que je présentais, certains acquiesçaient, d’autres découvraient ces chiffres pour la première fois et haussaient un sourcil. Et quand j’ai fait le lien avec nos activités quotidiennes et l’impact de la pollution numérique que nous produisons, au lieu de susciter l’indifférence ou la désapprobation, j’ai eu droit à des regards intéressés, du genre « pourquoi pas ! ».
Alors quelle pollution numérique produisons-nous ?
Selon Greenpeace, la pollution numérique désigne toutes les formes de pollution causées par le secteur informatique : émissions de gaz à effet de serre, contamination chimique, érosion de la biodiversité et production de déchets électroniques.
Oui, des solutions sont conçues pour que les data centers utilisent la chaleur qu’ils produisent afin de chauffer les bureaux ou les habitations avoisinantes, ce qui fonctionne en hiver. Des projets comme celui d’Amazon à Tallaght constituent « le premier réseau de chauffage urbain à grande échelle de ce type en Irlande », contribuant à « réduire considérablement les émissions dans la région de près de 1 500 tonnes de CO2/an, faisant de Tallaght un chef de file en matière d’action énergétique locale » (source).
Cependant, la croissance du nombre d’utilisateurs équipés d’au moins un terminal connecté (notamment dans les pays en développement), l’augmentation du ratio terminaux connectés/individu (de 2,1 en 2015 à 3,3 en 2020 en moyenne dans le monde), la hausse du trafic vidéo, conjuguée à la part croissante des images en HD et UHD, et le passage à la consommation à la demande (streaming, VOD, cloud gaming) ont entraîné une explosion du trafic sur les réseaux (plus de 25 % par an) et dans les data centers (+35 % par an). Cette croissance est plus rapide que les gains d’efficacité énergétique des équipements, des réseaux et des centres de données. Ces prévisions de trafic sont d’ailleurs régulièrement revues à la hausse.
Bien que le nombre d’appareils « standard » (hors objets connectés) ait augmenté de manière significative entre 2000 et 2015, il se stabilise entre 2015 et 2025 car le marché est saturé.
Bien que la masse par utilisateur diminue légèrement, passant de 63 kg d’émissions de CO2 à 58 kg entre 2010 et 2025, la masse totale (équipements utilisateurs, réseaux, data centers) a été multipliée par plus de 2,5 en 15 ans : elle passe de 128 millions de tonnes en 2010 à 317 millions de tonnes en 2025.
Ceci explique la pression exercée sur les matières premières, notamment les « minerais de conflit » et autres terres rares.
La clé d’un monde plus vert
L’optimisation des performances des bases de données ne se limite pas à une amélioration des coûts et de la vitesse. En optimisant une requête, on économise l’énergie superflue utilisée pour les opérations de lecture/écriture et les déplacements inutiles sur le disque. D’autres pratiques responsables, qui permettent d’exploiter intelligemment la puissance de la technologie, contribuent non seulement à une meilleure efficacité technique, mais aussi, souvent inconsciemment, à la protection de l’environnement.
Par exemple, certaines actions que nous entreprenons régulièrement et qui ont également un impact positif sur notre planète incluent :
- l’optimisation des requêtes
- l’optimisation des index
- la réalisation d’audits de performance pour identifier les goulots d’étranglement et les problèmes
- le choix de technologies moins énergivores
- la réduction de l’empreinte des données (suppression des données redondantes, corrompues ou inutiles)
- l’optimisation de l’infrastructure de stockage et de la puissance de calcul afin de réduire la consommation d’énergie
Nous nous devons de considérer la sobriété numérique comme la clé de voute pour un code plus écologique et nous pouvons décider d’intégrer ce paramètre dans notre façon de travailler au quotidien et dans la façon dont nous concevons, gérons et développons des solutions de bases de données qui minimisent autant que possible notre empreinte environnementale.
Une remarque supplémentaire : l’IA, en particulier, entraîne une forte augmentation de la consommation d’eau, des émissions de CO2 et des déchets électroniques (l’entraînement des modèles d’IA est l’une des tâches les plus gourmandes en ressources au monde !). Dans un monde où l’IA est devenue omniprésente dans les applications et les pratiques de programmation quotidiennes, il est crucial d’utiliser ces technologies avec discernement afin de s’assurer qu’elles constituent réellement la meilleure solution au problème posé. L’IA est-elle vraiment la solution la plus appropriée au problème que vous avez en tête ? Ou envisagez-vous son utilisation simplement parce qu’elle est plus facile à mettre en œuvre qu’une solution plus complexe techniquement ?
C’est à Vous !
Je propose cette perspective sur nos tâches quotidiennes en espérant qu’elle soit intéressante. On se plaint parfois de ne pas trouver de sens à ce qu’on fait ; eh bien voilà !
Un petit message de notre équipe marketing Data Bene : Notre équipe d’ingénieurs PostgreSQL expérimentés peut vous aider à améliorer votre efficacité énergétique, à optimiser vos bases de données et à adopter des pratiques de codage responsables. Vous bénéficierez ainsi d’avantages directs : des opérations de base de données plus rapides, une consommation de ressources réduite, des coûts moindres et un impact environnemental moindre. Curieux d’en savoir plus sur nos services ? Contactez-nous ! Nous serions ravis d’en discuter.